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Ateliers "Gestion du stress"

Une seconde session appréciée

Par Anne-Charlotte Kiener, coach certifiée

La journée dédiée à la gestion du stress, déjà organisée en 2018 à Nancy, Metz et Épinal, ayant été très appréciée par les enseignants, le SNALC a décidé de proposer un nouveau cycle d’ateliers, échelonnés sur les mois d’octobre et de novembre.

 

Anne-Charlotte Kiener, elle-même enseignante, coach certifiée et référente Bien-être et Motivation au travail pour le SNALC et pour MobiSNALC, a animé quatre demi-journées dédiées à cette thématique dans différents départements de l’académie, accompagnée tantôt de Solange De Jésus, présidente académique du SNALC, tantôt de Hugo Schneider, secrétaire académique. Ces ateliers ont été déclinés, selon les contraintes sanitaires, en présentiel, à Épinal, le 8 octobre, et à Metz, le 5 novembre, en hybride à Schoeneck le 15 octobre et en visioconférence pour Nancy le 12 novembre. Malgré ces aléas d’organisation, une soixantaine de collègues a pu découvrir le SNALC, ses avantages et les services qui font de ce syndicat sa différence : prendre soin de ses adhérents et se placer à leur écoute.

 

Aussi le choix a-t-il été fait par le SNALC Lorraine de proposer des ateliers alliant à la fois théorie et pratique, afin d’offrir une demi-journée d’atelier coaching le plus largement possible dans l’académie aux collègues désireux de découvrir le SNALC.

Comprendre le mécanisme du stress, revisiter ses priorités professionnelles, identifier ses sources de stress dans ses pratiques d’enseignement, établir un objectif personnel de changement et identifier les moyens de l’atteindre… Lors de cet atelier, chacun des participants a été invité à réfléchir à ce qui fait sens pour lui.

 

Ce que les collègues ont aimé : l’écoute non-jugeante, le fait de pouvoir partager leurs ressentis face aux difficultés du métier en confiance, le constat rassurant qu’ils ne sont pas seuls à éprouver les mêmes difficultés et les outils qui leur ont été présentés pour aborder cette problématique.

 

Une journée d’approfondissement sur la gestion du stress, plus ciblée sur l’équilibre vie personnelle / vie professionnelle est prévue pour janvier 2021.

 

D’autres ateliers seront également proposés sur le thème de l’hétérogénéité en février et mars 2021 et sur l’autorité en avril et mai 2021.

La « démocratisation des études supérieures »

Trompe-l’œil ou cache-misère ?

Par Vincent, professeur certifié

À écouter nos dirigeants, nous ne pouvons que nous réjouir de ce qu’ils ont choisi d’appeler « la démocratisation » des études supérieures. On comprend derrière cette expression, d’aucuns diraient cet « élément de langage », qu’un nombre croissant de bacheliers accèdent à ce qui naguère n’était que l’apanage d’une élite. On pourrait en effet s’en réjouir, car après tout, permettre à tout un chacun de s’instruire et se cultiver, n’est-il pas le cœur même de notre métier ?

Au fil des ans (j’exerce en IUT depuis 2003, en Techniques de Commercialisation principalement), il m’a été donné d’observer que cet accès aux études supérieures – dans une filière sélective, avec inscription sur dossier – perdait peu à peu de son sens. Les nouveaux bacheliers arrivent sur les bancs de nos amphithéâtres avec des connaissances qui vont en s’amenuisant, personne ne s’en étonnera, mais aussi avec une nouvelle forme de certitude, bien ancrée dans leurs esprits. Autrement dit, après avoir passé trois années au lycée, et en poche le baccalauréat, autrefois précieux sésame qui ouvrait les portes de l’Université, ils sont convaincus que ces deux années qui les préparent au D.U.T. (bientôt Bachelor universitaire de technologie – en trois ans), se dérouleront de la même manière. Je viens, je m’assois, j’attends que les heures passent, et quand tous ces profs auront fini leurs interminables « blablas », je serai diplômé. Fondamentalement, ils n’ont pas tout à fait tort, car le tout-puissant Ministère surveille nos résultats, ou plus exactement, nos statistiques, à la loupe. Un faible taux de réussite ne saurait être toléré, cela va sans dire.

L’évaluation par compétences mise en place depuis longtemps se trouve ici dévoyée. Dans l’absolu, se détacher de la sacrosainte « note » pour plutôt s’assurer que le futur employé est bel et bien à la hauteur des attentes de son futur employeur, est plutôt une bonne idée, et confère à l’ensemble un côté concret qui ne peut que plaire à nos étudiants. Dévoyée, disais-je, car cette évaluation et la note qui valide la compétence, représente à elle seule, l’accomplissement ultime vers lequel l’étudiant pense qu’il doit tendre. Aussitôt évalué, les connaissances inhérentes à la compétence passent à la trappe, et l’étudiant se concentre sur le prochain « obstacle » à franchir, la prochaine évaluation, la prochaine note.

En mettant en œuvre quelques « stratégies » de compensation, bon an, mal an, l’étudiant chemine vers l’obtention de son diplôme.

Si lui vient l’idée de poursuivre ses études vers une école de commerce par exemple, il devra, courant avril de sa seconde année, subir divers concours, dont les résultats lui ouvriront (ou pas) les portes de sa licence, ou bachelor, ou que sais-je encore. Parfois, à ce moment, certains ouvrent les yeux, et comprennent qu’au prix d’un « bachotage » effréné, leurs rêves peuvent encore devenir réalité.

Dans le même ordre idée, et concerné au premier chef, car il s’agit de la matière que j’enseigne, les relevés de notes de ces futurs diplômés devront faire mention de leur niveau d’anglais. Il s’agira d’un score TOEIC™ ou équivalent, selon le cadre européen de référence pour les langues (CECRL).

Ceci inscrit dans le parcours universitaire, une pratique déjà en vigueur dans les entreprises depuis de nombreuses années. Le « diplôme » n’étant plus le garant d’un « niveau » confirmé pour les lauréats, d’autres méthodes sont mises en œuvre pour vérifier les « compétences » de ces jeunes diplômés.

 

Vincent, professeur certifié

Congrès du SNALC Lorraine

Élection d'un nouveau bureau et défis de demain

 

Lundi 28 septembre s’est tenu à Metz, au Foyer du Jeune Travailleur, le congrès académique du SNALC. L’ordre du jour était important : élection d’un nouveau bureau académique, et intervention de Frédéric Eleuche, secrétaire national du Snalc chargé des personnels administratifs, techniques, de santé et sociaux.

 

C’est dans une ambiance fort sympathique et fort studieuse que s’est déroulée cette journée, et les masques n’ont pu cacher le plaisir des adhérents de se retrouver.

 

Après la traditionnelle présentation des comptes de l’exercice des années précédentes, qui ont été approuvés, le nouveau bureau académique a été élu : Solange De Jésus est ainsi présidente académique, Hugo Schneider secrétaire, Marie-Christine Lœuille-Carlier, trésorière. Les autres membres du bureau les accompagneront dans leurs missions. Anne Weiersmüller, ancienne présidente, et Elisabeth Exshaw, présidente par intérim, ont été vivement remerciées pour le travail remarquable et important qu’elles ont fournies.

Cet échange met en lumière l’inquiétude et le malaise des personnels de l’Éducation nationale, qui voient depuis des années leurs conditions de travail se dégrader et leur situation devenir moins enviable : quelle est la place dévolue à un fonctionnaire de l’État lorsqu’il songe, de plus en plus souvent, à quitter son poste, et à abandonner en même temps les soi-disant avantages de son statut ? A une époque où la situation économique du pays n’est ni des plus stables, ni des plus florissantes, quelles questions l’État ne devrait-il se poser face à ce désir de désertion ? Cela n’est-il pas la preuve de la difficulté de ses agents à travailler dans les conditions qui leur sont imposées, et pour la maigre rémunération qui leur est octroyée ? Car ne nous y trompons pas : comme l’a rappelé F. Eleuche, « un fonctionnaire fonctionne » : c’est, dans l’immense majorité, un agent consciencieux, soucieux de la réussite de l’institution, et, s’il est professeur, de celle de ses élèves. Mais jusqu’où les personnels de l’Education nationale peuvent-ils pousser l’abnégation ? Face à une reconnaissance inexistante, qui confine au mépris, pour tous les efforts qu’on leur demande et qu’ils fournissent, pour toutes les missions qu’on leur confie et qu’ils remplissent, de plus en plus de personnels aspirent à quitter le service de l’État, pourtant encore perçu souvent par la société comme une place enviable. C’est un signe fort, que le gouvernement et le ministère devraient prendre en considération.

 

Les conditions de travail ubuesques, les injonctions contradictoires, irréalistes et souvent ridicules imposées par les protocoles sanitaires depuis le déconfinement et la rentrée, n’arrangent rien.

 

Mais dans ce contexte peu favorable, cette journée a montré combien le SNALC a à cœur la défense des personnels de L’Éducation nationale, et combien il aide ses adhérents en leur apportant des réponses claires et documentées aux questions qu’ils se posent, dans tous les domaines. L’importance du dispositif Mobi-SNALC, qui a pour but d’aider les adhérents dans leur démarche de mobilité professionnelle et de reconversion, montre bien la modernité de notre syndicat, qui sait se mettre au service de ses adhérents, et non au service d’une chapelle idéologique ou politique.

 

S.E.

Élections au conseil d'administration : un vote à prendre au sérieux

Contribuer au débat démocratique

 

 

 

Voici une nouvelle année scolaire qui commence, avec tout ce que cela comporte de travail intensif, de contraintes induises par l’adaptation aux règles sanitaires, ainsi que son lot de bonnes et moins bonnes surprises (emploi du temps, découverte – plus ou moins heureuse – de la constitution des classes et des groupes, prise en charge des élèves, etc…). Bref, les préoccupations sont légion.

 

Ce démarrage sur les chapeaux de roues ne doit toutefois pas faire oublier aux collègues, lesquels sont surtout – et c’est compréhensible – accaparés par leurs cours et leurs classes en cette période de rentrée, un autre paramètre, au moins aussi important, et qui se joue, lui aussi, en début d’année scolaire : les élections au Conseil d’Administration de leur établissement.

 

D’aucuns hausseront les épaules ou soupireront : « Bof, le CA ? Pas le temps pour ça ! » Ou encore : « A quoi bon ? » Las ! … Fatale erreur ! En effet, le Conseil d’Administration est l’instance de décision de l’établissement : ce qui y est voté doit donc être appliqué ! Être membre du Conseil d’Administration s’avère fort utile pour se tenir au courant des décisions prises, et surtout empêcher les dérives (telles les suppressions de postes, mais aussi de divisions, des curiosités dans les modalités d’évaluation des élèves, ou encore dans l’élaboration des groupes de classes, des options, etc…)

 

Qui ne s’est pas déjà laissé surprendre par une nouvelle mesure, votée en toute légalité (parfois, en toute discrétion – ou très rapidement …) au CA, et dont il n’avait eu vent, jusqu’à ce qu’elle s’impose à lui ? Celui-là aura beau s’insurger, la belle affaire : il est trop tard ! Il va bien falloir faire avec…

 

Seule solution pour peser : siéger au CA, lire les compte-rendu, connaître l’ordre du jour.

 

Car si vous n’y prenez garde, d’autres collègues, adeptes des compromis de tout poil, pourraient aller se ranger sur certaines « listes d’union » dans le but de siéger au CA uniquement pour plaire à leur chef d’établissement, et obtenir un meilleur avancement…

 

Comment se démarquer de ce servum pecus et sortir de son influence néfaste ?

 

Monter une liste SNALC ! Deux noms suffisent ! Voir guide de l’élu en Conseil d’Administration : https://www.snalc.fr/national/article/414/

 

Certes, cela implique un certain courage et des convictions que de se mettre en avant et de prendre ainsi position. Mais qui sait ? Les collègues vous regarderont alors différemment, et pourront constater que vous participez à un élargissement du débat démocratique au sein de votre établissement (qui dit plusieurs listes, dit plus de choix !)

Cela n’est pas pour vous ? Qu’importe ! Voici quelques conseils dont la mise en pratique est à portée de tous :

 

Lire les compte-rendu du CA

 

Vous ne vous sentez pas les épaules pour ouvrir une liste SNALC ? Qu’à cela ne tienne ! Lisez les compte-rendu du CA ! Dès qu’ils sont publics, c’est-à-dire au plus tard une quinzaine de jours après la tenue du CA, faites-les circuler en salle des profs (un exemplaire du compte-rendu doit se trouver à la portée des personnels, c’est la règle ; s’il n’y est pas, demandez à le lire et à ce qu’il soit accessible aux collègues, vous y avez droit.)

 

Faites parler autour de vous !

 

Voltaire écrivait : « Quiconque pense, fait penser. »

 

N’hésitez pas à susciter la parole de vos collègues, posez-leur des questions : « Et toi, que penses-tu de ce projet, de ce vote du CA ? »

Rien de plus salvateur que la parole libérée ! Vous découvrirez sans doute avec étonnement les opinions de collègues discrets, mais qui ne pensent pas moins. Les sujets abordés au CA ne sont pas tabous, bien au contraire.

 

Si un vote vous paraît déraisonnable, scandaleux, voire inique, demandez (avec d’autres collègues qui jugent la chose comme vous) des comptes aux collègues enseignants membres du CA : comment en sont-ils arrivés à ce résultat ? Se rendent-ils compte de ce que cela implique pour les collègues (ou les élèves) ? Vous n’êtes pas du tout d’accord. Exprimez votre avis posément, sans agressivité, mais avec conviction et des arguments solides.

 

S’ils se sentent investis et responsabilisés dans leurs démarches, les membres du CA réfléchiront davantage à leurs votes. Peut-être utiliseront-ils alors le vote d’abstention ou contre, et ne se feront pas ainsi le truchement de réformes parfois aberrantes.

 

Faire preuve de vigilance lors du Conseil Pédagogique

 

Avant le vote en CA, les différents sujets doivent être discutés en Conseil Pédagogique. Dans cette instance, le chef d’établissement peut demander à l’assemblée de voter, mais il faut savoir que ce vote est uniquement consultatif et ne saurait avoir force de loi. Il ne détermine donc pas le vote exprimé en CA. Néanmoins, les collègues membres du CA, en tant que représentants du personnel, pourront faire valoir vos arguments lors de la séance du CA et ainsi se positionner sur un (des) vote(s) – et seront à même de justifier ce(s) dernier(s) en s‘appuyant sur l’opinion que vous aurez exprimée.

 

Il est par conséquent primordial d’engager les discussions sur des sujets importants et de faire valoir son point de vue, toujours de façon courtoise, mais ferme : s’il sent une réflexion aboutie, voire une forme de résistance, chez les enseignants, le chef d’établissement se verra amener à plus de compromission.

 

Vous l’aurez compris, le Conseil d’Administration n’est pas une instance éthérée mais nous concerne tous. Que ce soit de près (en tant que membre actif : titulaire, suppléant) ou de loin, faites valoir votre liberté d’expression et d’opinion ! Vous contribuerez ainsi à des débats réellement démocratiques, dans l’intérêt de l’École !

La République en danger ?

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion... » dit l'article 1 de la Constitution. En cela, elle se distingue radicalement du modèle anglo-saxon de l'organisation de l’État, fondé sur un rapport quasi consubstantiel à la religion et dans lequel la société est structurée à partir de communautés et de cultures diverses et les citoyens affichent volontiers leurs croyances, leur identité ethnique ou confessionnelle.

 

Le modèle républicain français laïque et intégrationniste a subi depuis pas mal d'années de la part d'un certain nombre de courants politiques et de mouvements associatifs de puissants coups de boutoir qui l'ont notablement affaibli. Bornons-nous à en citer 2 :

 

- les signes religieux ostensibles : après une longue bataille juridique, leur interdiction à l'école a été inscrite dans la loi en 2004 mais elle reste exclue du champ de l'université. Quant au port du voile pour les mères accompagnatrices de sorties scolaires, il est hélas à présent toléré par nos établissements alors qu'il

s'agit de personnes exerçant momentanément une mission éducative dans le cadre de la formation des élèves. Enfin, qui peut nier que de plus en plus de jeunes filles et de jeunes femmes nées en France, portent un foulard ou un voile islamiques dans l'espace public, signe du déclin préoccupant d'une pratique discrète et intime de croyances religieuses au profit de l'affichage revendiqué d'une appartenance à une confession et à une communauté ?

 

- la discrimination positive : directement inspirée encore une fois du modèle anglo-saxon où les statistiques ethniques sont censées repérer les retards, handicaps et ségrégations subis par certaines communautés, ce mode de recrutement initié en France au début des années 2000 avait pour but de favoriser l'accès à des formations universitaires pour des élèves issus de secteurs dits sensibles en réservant des quotas aux lycéens de ces quartiers ou en attribuant des bonus aux boursiers. L'exemple emblématique de cette nouvelle accessibilité d'étudiants à des filières sélectives fut, on s'en souvient, la convention signée il y a presque 20 ans par le prestigieux IEP de Paris avec des lycées de banlieue ou de province. Louable dans ses objectifs, une telle discrimination positive n'en est pas moins une rupture de l'égalité républicaine fondée sur les seules compétences et le seul mérite des candidats indépendamment de leurs origines sociales.

 

Voici qu'on assiste aujourd'hui à de nouveaux assauts, sans doute bien plus graves encore, contre notre modèle républicain. Sous prétexte de militantisme antiraciste, d'aucuns poussent les feux du communautarisme, voire du séparatisme. La mort tragique de G.Floyd aux USA, comparée à celle d'A. Traoré il y a 4 ans en France, donne lieu à des amalgames erronés sur le plan historique et sociétal entre les 2 pays. Le nôtre n'a pas connu de guerre de sécession et la plupart des Noirs qui vivent ici ne sont pas des descendants d'esclaves. Personne ne prétend qu'il n'y ait pas de racistes chez nous mais le racisme n'est malheureusement pas l'apanage des seuls Blancs. Certains activistes adeptes de la victimisation comme le CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France) ou le PIR (Parti des Indigènes de la République), assumant un positionnement « racialiste », exploitent les émotions du moment présent et, au lieu de contextualiser les erreurs du passé, s'emploient à raviver les plaies, à revisiter l'Histoire à l'aune des mentalités et des sensibilités d'aujourd'hui. Le but recherché est de communautariser notre société, de dresser les uns contre les autres, d'animer les rancœurs de minorités prétendûment « racisées »

par un Etat oppresseur et une société raciste.

 

Cette idéologie partagée par des groupements militants et des organisations politiques est un danger mortel pour notre modèle républicain universaliste fondé sur le principe d'égalité entre les citoyens quelles que soient leur origine ethnique, leurs croyances religieuses et sur un idéal de fraternité au sein d'une seule communauté nationale, forgée au fil d'un long enchaînement historique d'épisodes glorieux comme de périodes sombres.

 

Ce modèle, il faut le consolider tout en l'améliorant car s'il s'agit bien de lutter contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations, contre les inégalités entre les sexes, contre l'obscurantisme et l'intolérance religieuse, ce n'est pas par la haine, la violence, les préjugés mais par l'intégration, l'éducation, la culture, la liberté d'expression et de conscience et la laïcité.

 

La sauvegarde des valeurs républicaines est un enjeu vital où l’École doit bien sûr jouer à plein son rôle : résister aux pressions d'idéologies réductrices et transmettre inlassablement son message d'émancipation et de liberté. Mais le combat doit être porté par toutes les institutions et jusqu'au sommet de L’État dont on attend d'urgence de ses dirigeants une action volontariste et efficace contre toutes les menaces séparatistes qu'il ne suffit plus de dénoncer. Il en va de l'avenir de notre destin commun.

 

D. PARISOT

agrégé de l'Université

Rentrée des stagiaires 2020

Faire connaissance avec le SNALC

C’est à l’occasion de leur rentrée ce mercredi 26 août que nos collègues professeurs stagiaires ont pu faire la connaissance du SNALC.

 

Le matin, une partie des stagiaires ont été accueillis par un discours du recteur, M. Huart, les uns, par le biais d’une vidéo-conférence à l’amphithéâtre Le Moigne de Metz, tandis que les autres, à la Faculté de Droit de Nancy, ont pu assister en direct à son allocution.

 

Comme il est d’usage chaque année, les représentants syndicaux se tiennent à disposition à l’entrée des bâtiments pour informer les jeunes collègues de leur mission de soutien et d’accompagnement dans la carrière des personnels.

 

Dans le kit stagiaire que chacun recevait (gratuitement) du SNALC, pas de blabla ni de propagande, mais uniquement 2 outils d’informations concrets et pratiques, sous forme d’un carnet de stage pour les guider durant cette période souvent éprouvante, que ce soit sur le plan de la charge conséquente de travail aussi bien que sur celui de la pression à la perspective de la titularisation, ainsi qu’un vade-mecum contenant des réponses aux questions les plus courantes.

 

Pour cette rentrée 2020, il y avait une ambiance conviviale et chaleureuse au stand du SNALC qui offrait aux collègues du jus de pomme ainsi un pot de beurre de karité 100% bio, originaire du Burkina Faso, produit par une association de femmes. Ce produit a suscité un vif intérêt parmi les stagiaires qui sont repartis avec une certitude : au SNALC, on prend soin de vous !

 

Chers collègues, syndiquez-vous ! Nous exerçons un métier qui, s’il est le plus beau de monde, nous confronte chaque jour à des publics très divers (élèves, mais aussi parents, hiérarchie, collègues) : les situations délicates ne manquent pas ! Le SNALC saura vous conseiller, vous épauler et, le cas échéant, vous défendre. Offre unique chez un syndicat : votre cotisation inclut gratuitement une protection juridique pénale proposée par la GMF.

 

Soyez les bienvenus au SNALC, syndicat travailleur et représentatif qui est une véritable force de proposition, syndicat transparent qui ne perçoit aucune subvention d’Etat et ne vit que des cotisations de ses adhérents, syndicat humaniste qui vous offre un suivi personnalisé et des outils adaptés afin de vous accompagner à toutes les étapes de votre carrière (conférences, stages, comité d’entreprise, coaching, volet mobilité, …). Et surtout : syndicat indépendant qui n’est soumis à aucune obédience politique ou idéologique.

Internet pour le meilleur et pour le pire

Faire reculer le nouvel obscurantisme numérique

 

Le temps est déjà loin où la transmission des connaissances se faisait essentiellement par l’École et par les livres. Le professeur et l'auteur en étaient alors les garants exclusifs et respectés.

 

Les jeunes d'aujourd'hui sont de moins en moins lecteurs et ont incontestablement plus de goût pour des recherches sur Internet que pour des séances d'enseignement classiques. Il ne sert à rien de s'en lamenter, mieux vaut intégrer cette évolution et l'encadrer pour en tirer le meilleur parti.

C'est bien entendu largement le cas dans nos établissements où les nouvelles technologies numériques sont au cœur des pratiques pédagogiques dans la plupart des disciplines avec comme point d'orgue des expériences de « classe inversée », voire de cours en ligne comme récemment lors du confinement. Une

telle approche rend à coup sûr les contenus et les apprentissages plus accessibles aux élèves, notamment à ceux qui sont moins à l'aise avec l'assimilation de notions abstraites ou qui rencontrent des problèmes de concentration.

 

Cet usage encadré et pour tout dire vertueux d'Internet comme outil au service de l'acquisition de connaissances est malheureusement pollué hors de l’École par la production massive et trop souvent incontrôlée de toutes sortes d' « informations » approximatives, simplistes, non vérifiées, pseudo-scientifiques, complotistes et autres fake news diffusées sur des sites accessibles à tous ou sur les réseaux sociaux.

L'impact de ce flux sans filtre d' « infox » sur des esprits jeunes et malléables est parfois ravageur.

L'impact de ce flux sans filtre d' « infox » sur des esprits jeunes et malléables est parfois ravageur: qui n'a pas entendu parler d'élèves mettant en doute la Shoah en cours d'histoire ou contestant la théorie de l'évolution selon Darwin en SVT, ou bien de « platistes » niant que la Terre soit ronde, ou encore de victimes d'endoctrinement religieux ou de fantasmes complotistes ?

 

D'où la nécessité de rectifier ces contre-vérités. La presse écrite le fait de plus en plus en se livrant régulièrement à d'utiles mises au point (« fact checking ») sur des rumeurs ou de fausses nouvelles qui se répandent parfois comme une traînée de poudre sur la Toile.

 

Même si c'est déjà le cas ici ou là, je pense qu'il serait judicieux de consacrer systématiquement du temps de classe à ce type d'activité pédagogique de vérification et de rectification, notamment en histoire-géographie, sciences expérimentales, français, langues... La lutte contre le côté sombre d'Internet devrait même être prioritairement abordée dans les cours d'éducation civique au collège et au lycée comme un sujet de société au même titre que le cyberharcèlement par exemple.

 

C'est à ce prix que l'on pourra commencer à faire reculer ce nouvel obscurantisme numérique qui se répand insidieusement en particulier dans les milieux les plus modestes et au sein d'une partie de la jeunesse et dont les effets néfastes, en matière d'éducation, viennent trop souvent contrecarrer les bénéfices du bon usage pédagogique d'Internet.

 

D. Parisot, agrégé de l’Université